Photo Effect

Miriam Valle, la poétesse ibérique

Crédit photo : Miriam Valle

Miriam Valle nous vient d’Espagne, elle a aussi vécu en France, elle a un grand sens de l’art aussi bien sur ces autoportraits sans visage que ces projets avec modèle, je vous laisse la découvrir.

ēMBē : Peux-tu nous parler un peu de toi ?
Miriam: Je suis née en Espagne où j’ai passé la plupart de ma vie. J’ai travaillé et vécu pendant presque deux ans en France, à Lyon. J’ai toujours été attiré pour le monde artistique, c’est pour ça que j’ai fait des études des beaux arts. J’ai toujours aimé la photo et depuis que j’ai 16 ans j’ai exploré plusieurs aspects de cette discipline.

ēMBē : Quand as-tu su pour la première fois, que tu voulais devenir photographe ?
Miriam:J’imagine que c’est une chose qui est venu petit à petit avec le temps. Il n’y a pas un moment précis où je me suis dit “je veux être photographe”. La photographie est une chose qui m’a plu depuis que j’ai eu un appareil photo dans mes mains. Je ne sais pas non plus si maintenant je suis photographe, je prends des photos tout simplement.

ēMBē : Si tu pouvais retourner 10 ans en arrière, quel conseil tu te donnerais ?
Miriam: Je me conseillerais de croire en moi même et pas avoir honte de montrer mon travail.

Crédit photo : Miriam Valle

ēMBē : Que fais-tu quand tu ne fais pas de la photo? Vies-tu de ta production artistique ou as-tu un autre travail?
Miriam: Non, je ne vis pas de ma production artistique, j’ai toujours partagé la photo avec des autres types de travail.

ēMBē : Si tu devais faire un autre métier que la photo, lequel ?
Miriam: Il m’est difficile d’imaginer d’autres travaux hors des métiers artistiques, au fait je cherche toujours un coté artistique ou inspirant dans ce qui pour d’autres peut passer inaperçue.

ēMBē : Les medias sociaux …
Miriam: Au debut je n’était pas très amie des réseaux sociaux et actuellement j’ai encore certain respect, mais bien sûr, ils jouent un rôle fondamental comme outil promotionnel. Je pense que ce sont de très bons outils pour interagir avec d’autres artistes et le public en général.

ēMBē : En 1 mot c’est quoi ton style de photographie?
Miriam: Je fais de la photo artistique. Si je dois lui donner un adjectif, poétique..peut être?

ēMBē : La chose la plus extravagante que tu es faite en photo ?
Miriam: Ça peut être me mettre dans l’eau presque gelée pour faire un autoportrait… à chaque séance il y a des anecdotes à raconter 😀

ēMBē : Ce que tu détestes par-dessus tout quand tu fais un shooting ?
Miriam: Si je n’arrive pas à réussir ce que j’avais dans l’esprit c’est assez frustrant…

ēMBē : La photographie pour toi, c’est ?
Miriam: C’est ma grande passion, c’est voir les choses d’autre point de vu, c’est créer et raconter des histoires en images et c’est un remède thérapeutique aussi.

ēMBē : Ton plus grand regret en photo ?
Miriam: Je ne pense pas en avoir pour l’instant.

ēMBē : Qu’as tu réussi de mieux dans ton travail photographique ?
Miriam: Je ne pense pas que j’ai eu des grandes réussites, je fais des progrès et je trouve petit à petit ce que je veux exprimer. Au niveaux personnel je reste avec les rencontres que j’ai fait et le soutien de ceux qui me connaissent et de ceux qui ne me connaissent pas!

ēMBē : Qui ou Qu’est-ce qui t’inspirent dans la vie et dans ton travail artistique ?
Miriam: La vérité c’est que aujourd’hui l’inspiration est partout. Je suis inspirée par tout ce qui provoque de fortes doses d’émotions et de sentiments et une touche de quelque chose de troublant (pourquoi pas). Le paysage naturel et les événements les plus émotionnelles que la vie m’a donné sont de grandes sources d’inspiration. Je peux trouver l’inspiration dans l’art en général (pas seulement les photographies) dans une séquence de film, une phrase ou un mot, une mélodie, un lieu, un objet, un sentiment … J’ admire le travail de nombreux artistes qui travaillent avec la photographie, de différents domaines et périodes, je suis passionné par l’histoire et le travail de Francesca Woodman, Vivian Maier, le travail de Sally Mann, Gregory Crewdson, Arno Rafael Minkkinen, Oleg Oprisco, Evelyn Bencicova, Elizabeth Gadd, Alex Stoddard… ainsi que mes propres collègues qui se sont également dédiés à la photographie artistique.

ēMBē : C’est quoi qui t’attire le plus dans une photographie ?
Miriam:C’est surtout ce genre de photos où j’ai besoin de regarder pendant plusieurs secondes, qui ayant une lecture lente, où je puisse observer chaque détail et qui font me poser des questions. Des images qui racontent quelque chose, une histoire. Esthétiquement je suis notamment attirée par une lumière basse, douce et froide.

ēMBē : C ‘est quoi le matériel dont tu rêves et que tu n’a pas encore ?
Miriam: Un bon appareil argentique de moyen format 😀

ēMBē : Sur un shooting c’est la grosse équipe ou petit comité ?
Miriam: Au soit je suis toute seule ou il y a une personne et moi normalement et si le shooting c’est un peu laborieux il aura aussi un assistant.

ēMBē : Peux-tu prendre une de tes récentes photos et expliquer ta démarche… de l’idée à la publication sur ton site ?
Miriam: Cette photo n’était pas prévu, je suis aller faire quelque photo aux champs de lavande dans le sud de la France, j’avais quelques idées que j’ai effectué mais au final cettevphoto m’a beaucoup plus finalement. Je sais que c’est un autoportrait assez simple, mais ça me rappelle des bons souvenirs et le moment du shooting je l’ai trouvé très spécial. Le paysage semblait un peu surréaliste et très cohérent avec mon état émotionnel du moment. Donc j’ai mis le trépied et j’ai commencé à shooter avec une télécommande. C’était une chose assez rapide et spontanné. Ça sentait l’orage d’été et j’ai pu prendre quelques photos juste pendant 4 ou 5 minutes, puis a commencé à tomber quelque chose qui ressemblait au déluge universel xD. En postproduction j’ai enlevé un panneau affiché sur un mur de la maison et j’ai changé les couleurs et un peu la lumière. Cette photo montre très bien les changements d’édition que je fais habituellement dans mon travail en général.

ēMBē : Dans tes photos récentes, peux-tu nous dire quelles sont tes 2 dernières photos préférées et expliques nous pourquoi ?
Miriam: La première photo est “Limbo” . Elle possède les couleurs que j’aime le plus mélanger dans mon travail et une lumière très spéciale. Je pense qu’il y a une partie délicate du personnage, mais aussi inquiétant, au bord du précipice. J’aime la confusion créée autour de la partie bleue de la photo, est-il le vide ou est le reflet de l’eau? C’est une photo qui marque une transition, (d’ou le titre). En conclusion, c’est une photo qui définit mon travail presque parfaitement.

La seconde peut être curieuse, mais elle est ma photographie argentique préféré jusqu’au maintenant. Depuis quelque temps, je pratique la photographie argentique, à chaque fois avec plus de fréquence et d’enthousiasme. Cette photo me plaît notamment pour son quotidien, les couleurs et la perspective.

ēMBē : C’est quoi ton plus grand challenge quand tu fais une photo ?
Miriam: Un challenge que je me suis imposé c’est de cadrer exactement comment je veux la photo au moment de la prise.

ēMBē : Quels sont tes projets actuels et futurs ?
Miriam: J’ai des photos et des séries inédites depuis plus d’un an, donc je travaille sur cela en ce moment. Des projets déjà finis et des nouveaux projets en cours. D’un autre coté, je suis en train de travailler avec la photographie argentique et peut-être vous aller voir quelque projet différent que d’habitude dans mon travail parce que chaque fois je me sens plus à l’aise avec cette technique. Une petite avance, à la fin d’octobre mes oeuvres et moi seront présentes dans un salon international de photographie à Paris 🙂

ēMBē : On retrouve souvent le meme personnage de dos ou le visage masqué sur tes photos , c’est toi ?
Miriam: Oui 🙂 il y a deux raisons pour que je cache souvent le visage. D’un coté je ne trouve presque jamais en moi même l’expression que je veux montrer, même quand personne sait mieux que moi même ce que je veux exprimer. Dans ce sens, je ne suis pas un bon modèle haha et je reconnais qu’il ya aussi une partie d’honte et de l’insécurité.
D’autre coté cacher le visage permet au spectateur de se sentir identifié parce que c’est un personnage anonyme. J’aime jouer avec ce sentiment d’identité.

ēMBē : Si j’ai raison il a beaucoup d’autoportrait … par choix ou plus simple a gérer ?
Miriam: Oui. C’est vraiment une question de commodité. Parfois, il y a des situations et des lieux qui sera très difficile à répéter, en particulier les photographies qui surgissent spontanément, alors je m’utilise comme un personnage.
L’avantage de pratiquer l’auto-portrait est que personne ne sait mieux que moi ce que je veux, comment et où et il n’y a pas besoin d’expliquer à tout le monde. Lorsque vous travaillez avec des modèles ou une équipe, il y aura toujours la contribution propre de la même, cela est pas mal!, au contraire, mais ne sera pas un propre travail au 100%.

ēMBē : Il y a une certaine sensualité et aussi mélancolie dans tes photos ? c’est bien cela que tu veux exprimer par tes photos ?
Miriam: Mélancolie, oui. La sensualité n’est pas ce que je cherche, mais on me l’a dit déjà plusieurs fois. Peut-être par certains nues qui peuvent apparaître dans mon travail et qui peuvent donner un caractère sensuel (même sexuelle mon dit), mais la vérité est que c’est totalement éloigné de ce que je veux exprimer.

ēMBē : Tu as une serie ou l’on voit une femme nue dans la nature ? quelle message tu veux transmettre par ces photos ?
C’est une série qui est en cours, pas encore complètement défini, elle prendra forme au fil du temps. Dans cette série, je vais explorer l’homme qui interagit avec leur environnement. Deux éléments clés et une source d’inspiration pour moi: l’être humain et la nature.
C’est quelque chose que j’essaye a la première personne, avec mon corps et mon esprit, cela me fait sentir tellement vivante et tellement naturelle et organique comme les êtres que nous sommes et d’ou nous venons. Et cela est enregistré fréquemment dans une image avec un concept ajouté. Par exemple « Parasite » est une réflexion et presque une plainte à nous, êtres humains, comme les pires parasites pour la planète.

ēMBē : Tu as un/une artiste que tu veux nous faire découvrir, et pourquoi ?
Miriam: Bien sur, j’ai des amis avec un travail vraiment bon. Aujourd’hui je vous ouvre la porte à Elena del Palacio (https://www.flickr.com/photos/elenadelpalacio/) j’aime beaucoup tout son univers!

ēMBē : Quelle est la question tu aurais aimé que je te pose et quelle est la réponse?
Miriam: C’est très bien pour l’instant haha

Merci a toi pour ton partage et ton temps.

Comme vous avez pu le découvrir une artiste deja bien dans ces chaussures, on la suivra de prés.


Website           miriamvalle.com
Flickr                : miriamvalle
Facebook        Miriam-Valle-Photography
Instagram       : miriamvalle_

Article retranscrit à partir de l’interview de Miriam Valle par ēMBē
Cet article est diffusé avec l’accord de Miriam Valle,
toutes photos qui illustrent cet article ont un copyright de Miriam Valle.

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Michael alias ēMBē est le créateur du site Photo-effect.com. Ca passion la photographie, son but partager ça passion et ces découvertes au plus grand nombre.